Vouloir contrer le chiffrement est contre-productif

Rappel important : L’objectif de cet article n’est pas de donner un avis politique, mais bien de donner des éléments de réflexion. Les personnalités publiques ne seront donc pas citées.

La chiffrement, c’est quoi ?

Le chiffrement est une méthode de protection des données. Elle n’a rien de « magique ».

Il s’agit simplement d’algorithmes basés sur des statistiques et des mathématiques. Ces algorithmes se sont juste améliorés au fur et à mesure du temps.

Pour vulgariser la chose, un jour on a dit qu’un message pouvait se protéger en remplaçant des valeurs (des lettres dans un mot par exemple) par un équivalent.

Malheureusement, à un moment, cela n’a pas suffit. Donc on a ajouté une donnée variable permettant de brouiller le message.

Puis on s’est rendu compte qu’en utilisant les chiffres premiers on avait un résultat intéressant permettant d’aller plus loin.

Et, de fils en aiguilles, plein d’algorithmes sont nés de l’imaginaire des concepteurs. Des algorithmes adaptés à chaque situation.

Ces algorithmes ont été mis en commun pour faciliter les développements. On leur a donné plein de noms incompréhensibles pour faire plus intelligent ou pour satisfaire l’égo de leurs concepteurs. 😉

Bref. Le chiffrement, c’est juste transformer une information en une autre information de manière sécurisée. En gros.

Le chiffrement existe finalement depuis l’Antiquité. L’informatique a juste permis d’aller beaucoup plus loin grâce à la puissance des ordinateurs.

À quoi sert le chiffrement au quotidien ?

On se sert du chiffrement pour plein de choses :

  • protéger les données qui transitent sur le web (les données transitant via HTTPS sont chiffrées)
  • s’assurer de l’authenticité d’un site web (le HTTPS permet de « signer » des données grâce à une astucieuse combinaison d’algorithmes)
  • protéger des documents par mot de passe (le mot de passe est la clé permettant de déchiffrer le tout)
  • protéger l’accès à nos disques durs
  • signer numériquement des messages
  • protéger les communications (« chiffrer » les communications comme on dit)

Dès qu’on a besoin de sécurité, on utilise le chiffrement.

Mais, même si les algorithmes sont complexes du fait de la quantité de techniques utilisées, tout ceci n’est que de la logique et des mathématiques.

Pour ça fait peur ?

Les « méchants » disposent des mêmes outils que les « gentils ». (oui, ça fait très enfantin, mais ça permet de bien comprendre la stupidité de la chose)

Les méchants peuvent donc protéger leurs données. Et les gentils ne peuvent pas les espionner pour contrer leurs plans diaboliques.

Mais, grâce au chiffrement, les méchants ne peuvent pas espionner les gentils.

Ce que l’on retient, c’est surtout que les méchants peuvent protéger leurs données.

Pourquoi interdire le chiffrement semble être la solution ?

S’il n’y a plus de chiffrement, on pourra espionner les méchants.

C’est quand même simple à comprendre. Et, pour ça, on va mettre en place des systèmes qui permettront d’avoir les clés des appareils informatiques des méchants.

POURQUOI est-ce donc contre-productif ?

Les méchants ne sont pas des idiots comme dans les dessins animés.

Le chiffrement pourrait être interdit

Si les méchants ne peuvent plus utiliser les algorithmes communs, ils utiliseront leurs propres algorithmes. Tout simplement. Et on ne sera pas plus avancés.

Par contre, les gentils ne pourront plus se protéger et seront donc des cibles faciles pour les méchants.

Et les portes dérobées ?

L’idée est de permettre aux gentilles autorités d’avoir une clé permettant de déchiffrer uniquement les communications des méchants.

Et bien un message chiffré peut être intégré à une communication non chiffrée. C’est d’ailleurs pour cela que le réseau Tor (entre autres) permet d’accéder à du contenu jugé illicite (censure oblige) dans certains pays.

L’idée est de faire transiter les données chiffrées dans un lot de données non chiffrées. Comme par exemple une communication Skype. Aucun système de surveillance ne peut analyser en temps réel les données d’une communication en ligne.

D’une manière ou d’une autre, les données pourront toujours être chiffrées.

Et si on coupait Internet ?

Quitte à avoir des idées stupides, autant aller jusqu’au bout.

La Corée du Nord a mis ce procédé en place. Ça s’appelle une dictature.

Bien que le basculement puisse être très rapide, on n’y est pas encore. Et ce n’est pas souhaitable pour des raisons évidentes.

Quelle solution alors ?

Il faut vivre avec son temps. Depuis l’Antiquité, les systèmes de chiffrement ont évolué. La société aussi a évolué.

La meilleure solution n’est a priori pas encore connue. Mais utiliser la surveillance de masse est très certainement la pire de toutes.

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