La fin d’une belle aventure… ou pas :-)

Ce qui suit était évidemment le poisson d’avril 2016.

Un poisson d’avril qui aurait pu ne pas en être un il y a quelques mois (années ?) encore. Mais bon, si on ne rigole pas des choses graves, c’est la fin de tout. Surtout quand c’est le principal intéressé qui s’exprime.

Car oui, malgré l’apparence joyeuse (qui veut travailler avec des déprimés ?), tout n’a pas toujours été facile jusqu’à aujourd’hui.

En tant que toute petite entreprise, chercher à agrandir l’équipe a été une erreur. Les premières réussites incitent à recruter, car « on dit que ». L’erreur n’est pas venue de l’équipe (qui a donné le meilleur) mais bien de moi, plein de naïveté. Et cette erreur a bien failli être fatale. On m’a recommandé d’arrêter les frais, de prendre un « vrai » job (non, non, ce n’est pas humiliant…), et c’est vrai que tout cela aurait été tristement raisonnable. De bons conseils, donnés avec bienveillance. Mais malheureusement loin de la personne que l’on est, animée par l’amour du travail bien fait, la persévérance, l’enthousiasme et la passion qui permettent d’aboutir à de beaux projets.

Pendant ces années pas toujours drôles, où certains organismes vous enfonce (je parle bien du RSI qui pratique le harcèlement moral à outrance, complice d’un système où le travail est criminel, je n’avais pas droit au RSA car « patron »), les seules personnes prêtes à vous soutenir sont vos proches, vos amis et vos clients.

Il y a deux catégories de clients dans cette situation.

Il y a ceux qui – malgré leurs millions – profitent de la situation pour tenter de vous manipuler, obtenir ce qu’ils veulent grâce aux menaces et surtout n’hésitent pas à vous laisser une ardoise. Et, bien sûr, n’hésitent pas non plus à vous rappeler que si vous osez tenter de récupérer votre dû aucune preuve ne fera le poids face à leurs avocats. (et qui, malgré tout, sont prêts à vous récupérer car vous avez de réelles compétences, ce qui est énorme en matière de mauvaise foi) Ces êtres existent : ce sont des loups déguisés en agneaux, qui ont l’air sympathique et ingénieux. Ceux-là, je leur pardonne : ils ont fondé leur empire sur leur incompétence, leurs mensonges (y compris à eux-même), leurs manipulations et finalement ont bien peu de mérite. Leur situation n’est pas à envier. On apprend à leur pardonner, d’autant qu’ils sont peut-être méchants uniquement en affaires. Mais ça repousse à chaque fois l’échéance de sortie de crise.

À côté de ça, il y a les clients qui valent la peine (et qui sont heureusement bien plus nombreux). Ceux qui sont prêts à vous soutenir dès lors que vous êtes vous même prêt à donner le meilleur de vous-même pour réaliser de belles réussites. Certes, se faire payer en échange de compétences, c’est le deal. Mais, quand la situation est tendue, on est heureux d’avoir quelqu’un prêt à reconnaître que le travail est de qualité et prêt à montrer de manière factuelle cette reconnaissance. Et, au delà de l’aspect matériel, cela redonne concrètement une place légitime dans la société. À ceux-là, je dois une véritable reconnaissance. Ce sont les seuls comptent. Car ils contribuent à faire le nécessaire pour participer avec nous à faire du beau travail, à rendre le monde un peu meilleur.

Mais bon. Pendant ce temps, les années passent. On a l’impression de ne pas en voir le bout. C’est important de regarder en arrière, comparer les situations, voir les erreurs, s’assurer de ne pas les reproduire face aux mêmes situations, et ainsi de suite. On n’avance pas si on ne prend pas de risque. Et, malheureusement, il arrive souvent que le fait de ne pas avancer nous face reculer. Un jour ou l’autre. Tout risque doit être mesuré, de sorte à éviter de se retrouver bêtement le couteau sous la gorge pendant plusieurs années (si si, il parait que ça arrive !).

Et surtout, une fois que l’on se sort de cette situation éprouvante, il est important d’être reconnaissant et communiquer auprès de ceux qui se sentent seuls face à des situations difficiles. Il est important de lancer des messages d’espoirs.

Non, il n’y a pas de fatalité. Non, il n’y a pas de statu quo. Non, personne n’est condamné à l’échec. Non, un échec n’est pas destiné à se répéter dès lors qu’on sait en tirer les leçons.

Sans tomber dans des banalités, si on garde l’équilibre fondamental (famille, amis, hygiène, santé, générosité, optimisme, humour), on peut avancer. Évidemment, quand on est affaiblit, on rechute souvent. Mais les chutes ne sont pas les mêmes et sont de moins en moins grave. Puis on avance et on devient plus fort. Et même si parfois on voit les choses en noir, il faut se dire que tous les matins le jour se lève encore. (c’est du Jean-Louis Aubert, hein !)

Soyons fous, soyons déraisonnables, tout en gardant une certaine dose de pragmatisme. N’est-ce pas ça le sens de la vie ? Avancer coûte que coûte, en emmenant nos proches avec nous, pour rendre ce monde meilleur ?

Tout ça pour dire un grand merci car aujourd’hui la situation de l’entreprise n’est plus au bord du gouffre et l’avenir s’annonce radieux. Grâce à votre soutien (et accessoire grâce à mon boulot…).

Vous n’avez pas fini d’entendre parler des nouvelles inventions et autres découvertes de Morin Innovation et ses partenaires.

Et, comme c’est bien souvent l’humour qui m’a permis d’avancer (merci Bouvard et les Grosses Têtes), j’ai choisi de mettre un point final à cette situation absurde avec un joli Poisson d’Avril que vous avez pu découvrir hier.

Bonne lecture et à bientôt pour de nouvelles innovations !


 

Parfois, les choses ne vont pas forcément comme on le souhaite.

On se lance, plein d’enthousiasme, dans des projets qui nous dépassent. Mais la réalité n’est jamais bien loin.

Malgré tous les efforts pour faire fonctionner cette entreprise, un triste constat est né : être entrepreneur est un métier à part entière, et il n’est pas fait pour moi. Surtout dans le métier du numérique où il est difficile de monter de véritables projets sans une équipe réunissant plusieurs métiers et plusieurs compétences.

Je me suis très certainement trop accroché à mes rêves. Mais ce fut malgré tout une belle aventure.

Le tribunal de commerce fera définitivement sonner le glas de l’entreprise ce jeudi 31 juin 2016 par voie de liquidation judiciaire.

Puisque qu’il faut malgré tout savoir rebondir, vous pourrez me retrouver pour une nouvelle aventure dans un domaine plutôt différent.

Je suis aujourd’hui fier de vous annoncer l’ouverture de l’enseigne Morin et son poisson, rue du 1er avril, à Niort.

Une réflexion au sujet de « La fin d’une belle aventure… ou pas :-) »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s