Apple, meilleur atout sur mobile

Morin Innovation a commencé le développement mobile fin 2008 sur Nokia puis sur iPhone 3GS. L’entreprise s’appelait alors Kaeli Soft. L’App Store ouvrait juste ses portes. Les délais de validation étaient de 2 mois.

Bref, Apple essuyait les plâtres.

Rapide historique

À cette époque, peu d’utilisateurs étaient équipés de smartphone. Investir dans un smartphone à 500 € semblait être une folie. L’ordinateur personnel faisait pareil et il avait un vrai clavier. Chacun utilisait son téléphone pour téléphoner et son ordinateur pour surfer.

En 2009-2010, j’ai rencontré mon premier vrai succès sur l’App Store pour un de mes clients : 1er sur l’App Store avec plusieurs milliers de téléchargements par jour. À l’époque, c’était énorme.

Au-delà du nom du client, ce qui faisait le succès d’une app était le respect des guidelines Apple. Car la société américaine, qui était encore vouée à l’échec pour les sceptiques les plus téméraires, faisait un travail essentiel pour les développeurs et designers.

En effet, c’était la première fois qu’une société expliquait comment concevoir une application pour qu’elle s’intègre parfaitement dans le matériel, le design du matériel, le design du système et au sein du système. Toute cette mise en musique était orchestré aussi bien au niveau design qu’au niveau technique. L’expérience utilisateur était centrale. Une richesse toujours inégalée aujourd’hui et toujours aussi fascinante.

La suite de l’aventure

Nouvel échec programmé d’Apple : l’iPad. Quelques millions sont tout de même partis.

Le pari était encore plus audacieux qu’avec l’iPhone. En termes d’ergonomie et d’usage, les codes étaient vraiment cassés. La technologie pouvait enfin servir correctement l’homme.

Car c’est bien là-dessus qu’est basé toute la conception de chez Apple. Une technologie doit être vraiment mature avant d’être sur le marché.

L’arrivée des concurrents

Android

Le premier Android est sorti avec un concept génial : une copie de l’interface d’Apple, gérée avec un clavier comme sur Nokia. Un mélange des genres surprenant. Reposant sur la technologie Java du Blackberry et un système Linux probablement pour la facilité d’adaptation.

Google a donc ensuite racheté le smartphone « Frankenstein » pour en faire une copie plus conforme, avec une interface tactile.

En proposant des smartphones à prix cassé en contre-partie de quelques infos personnelles prises ici et là (rien n’est gratuit) et en utilisant une image de rebelle (notre système est ouvert, etc), Google a réussi à s’octroyer la moitié des parts de marché, puis a dépassé Apple sur les ventes. La force du low-cost.

Windows

Après quelques versions assez peu stables du système et après avoir racheté la section mobile de Nokia, Microsoft a réussi à mettre au point un smartphone assez correct avec son Windows Phone 8.

L’ergonomie est unique, basée sur un système de tuiles. Tout en restant assez cohérent au niveau de l’éco-système.

Avec finalement assez peu de parts de marché, Microsoft réussit à rester dans la course tout en restant respectueux des utilisateurs, aussi bien en termes d’expérience utilisateur que de confidentialité, ce qui est tout à son honneur.

Le monde mobile aujourd’hui

Les technologies deviennent convergentes :

  • le web est uniformisé et adapté aux terminaux mobiles
  • les interfaces des applications sont de plus en plus adaptées
  • les applications peuvent maintenant passer du smartphone à l’ordinateur ou la tablette instantanément
  • les réseaux terrestres et mobiles sont de plus en plus performants (Fibre, 4G)
  • les appareils sont très performants
  • les appareils connectés (montres, etc) sont de plus en plus répandus grâce aux évolutions technologiques
  • les assistants virtuels sont disponibles sur les 3 plateformes majeurs (Siri, Now et Cortana)
  • la mobilité fait partie du quotidien.

Google

L’univers Google s’est enrichi en gardant une diversité pesante, chaque constructeur faisant lui-même sa petite cuisine.

On trouve donc des smartphones Android un peu partout, des montres connectées, des TV intégrant Android, des Chromecast, des tablettes Android. Des Android partout, en pagaille.

Un système toujours aussi décousu, qui cherche une certaine uniformité dans son design malgré tout grâce à quelques recommandations faites aux développeurs et designers. Mais, objectivement, c’est un peu compliqué vu la diversité des terminaux.

Des terminaux vendus une centaine d’euros, déjà dépassés à leur sortie et ne pouvant que rarement évoluer. C’est une tromperie pour l’utilisateur qui doit remettre la main à la poche pour rester « presque » dans la course. A moins de vraiment acheter du haut de gamme.

Google excelle sur le web et les innovations « geeks ». Pour le reste, ils ne sont clairement pas à leur place.

Apple

Bien qu’en deuxième position sur le volume, la société californienne reste la plus grosse entreprise du monde.

Les applications sont globalement de bonne qualité et vieillissent bien. Les appareils ne subissent pas l’obsolescence programmée : l’iPhone 4S sorti en 2011 vient de recevoir il y a quelques jours une mise à jour lui permettant d’être non seulement utilisable avec les dernières applications mais également de gagner en performances. On appelle ça un bon investissement.

Les utilisateurs sont majoritairement fidèles à la marque. D’ailleurs, une bonne partie de ceux qui étaient partis sur Android reviennent chez Apple. C’est significatif.

L’iPad continue de ravir ceux qui veulent un écran confortable sans avoir à prendre un appareil utilisé généralement pour le travail.

Le Mac vieillit bien aussi et continue d’évoluer.

La Watch arrive sur un nouveau marché. Elle se positionne en leader absolu, avec plusieurs millions de ventes. Ce qui est plutôt bon pour un produit encore très récent, que les utilisateurs ont encore du mal à s’approprier. Et pourtant, tellement utile au quotidien, quand on ne veut pas sortir son smartphone devant l’assemblée (discrétion oblige), quand on veut exécuter une action facile et rapide (répondre à un SMS, noter un RDV via Siri, répondre sur Skype, confirmer un rappel etc) ou bien si on veut un suivi sport / santé de qualité avec des capteurs plutôt fiables.

L’autre technologie qui renait de ses cendres est l’Apple TV. Ce produit a toujours été un hobby chez Apple. Sauf depuis la dernière version, qui intègre un App Store.

Tous ces appareils fonctionnent de concert : les SMS sont reçus et émis sur l’iPhone, la Watch ou le Mac ; une vidéo – Youtube ou autre – peut être lue sur Mac, iPhone ou Apple TV en toute continuité ; un appel peut être reçu sur le Mac et continuer ensuite sur iPhone sans couper la communication ; on peut répondre à un appel sur iPad ; les documents passent en bluetooth d’un appareil à l’autre sans soucis.

L’écosystème est complet tout en ayant une expérience et une ergonomie cohérente. Un utilisateur d’iPhone n’aura pas à apprendre à utiliser un iPad ou une Watch. C’est naturel.

Microsoft

Le concurrent historique d’Apple a fait un gros travail avec Windows 10. Cette technologie se retrouve sur PC, mais aussi sur XBox One, sur smartphone, sur tablette, sur Raspberry Pi 2, etc. L’expérience utilisateur a été enrichie et est cohérente.

Microsoft conçoit maintenant son propre matériel. On connaissait la tablette Surface, le bracelet Band et la console XBox. On a maintenant le SurfaceBook (concurrent du Macbook) et – a priori – prochainement un « SurfacePhone ». Sans oublier la technologie hologrammes (réalité augmentée diront certains) avec Hololens, fonctionnant également avec Windows 10.

Microsoft pourrait donc surprendre fin 2016 – début 2017.

Et pour les applications ?

Une récente étude a montré qu’il y avait deux fois plus de téléchargements sur Google Play (Android, Google) que sur l’App Store (iOS, Apple). Cette même étude a également montré que les revenus sur App Store était quasiment deux fois supérieurs à ceux de Google Play.

La conclusion est que les utilisateurs Android ne considèrent pas les applications comme un véritable outil, nécessitant d’être acheté comme tout produit. Ce qui peut se comprendre : quand on choisit le low-cost, acheter une application 1 ou 2 € peut être un budget. Et on sait bien que graphiste ou développeur, ce ne sont pas des vrais métiers : pas besoin de rémunérer ces gens. C’est aussi pour ça que les applications gratuites contiennent des pubs : c’est un financement sur la vie privée des utilisateurs. Mais, malgré tout, a priori ça ne suffit pas. D’où la qualité souvent inférieure.

Côté conception, une application de qualité équivalente à une application iOS sur Android coûte généralement au moins deux fois plus cher du fait de la diversité des appareils et l’aspect un peu « bricolé » des outils de développement. Sans garantir une expérience optimale.

Si cette application est réalisée par une agence, soit elle vous facture deux fois plus, soit elle se serre la ceinture, soit elle fait quelque-chose de moindre qualité.

Exception faite pour les jeux vidéos : les technologies comme Unity permettent d’utiliser un même code pour plusieurs plateformes. Etant donné que l’intégration au système n’est pas la priorité pour un jeu vidéo, c’est plutôt légitime.

A contrario, iOS continue tranquillement sa progression. Les optimisations techniques permettent de garder les appareils de plus en plus longtemps dans la course. Surtout depuis qu’Apple conçoit ses propres puces. L’ergonomie s’affine de plus en plus. La convergence des technologies est au rendez-vous. La Watch se démocratise petit à petit du fait des bons retours : il lui manque juste les applications la rendant indispensable. Il n’y a cependant aucun empressement côté Apple : la technologie doit avant tout être maîtrisée et comprise par les concepteurs, à l’instar de ce que l’iPhone a vécu avant sa démocratisation. Une petite mise en garde sur les technologies web : Apple est encore dans la course, mais des améliorations de son navigateur seraient un plus.

Côté Microsoft, le succès de Windows 10 sur PC est au RDV. C’est un excellent produit. Les outils de conception sont cohérents, à l’instar de ce que propose Apple. L’expérience utilisateur n’est pas aussi centrale, mais elle est prise en considération. Windows 10 se met doucement en place. Office 365 rafle la mise un peu partout avec un excellent produit.

Quoi de neuf pour le futur ?

Ceci est une prédiction hasardeuse, à prendre avec des pincettes.

Google va continuer de vendre ses appareils low-cost sans pour autant réussir à uniformiser l’expérience : c’est mécanique. Son côté société « geek » va se renforcer, au détriment du commun des mortels. Mais au bénéfice des technophiles.

Apple va continuer d’évoluer sereinement. Ses systèmes (iOS, watchOS, tvOS, OS X) sont plutôt stables et performants. On pourrait bien voir un enrichissement de l’expérience utilisant les technologies actuelles les plus récentes, notamment 3D Touch.

Microsoft peut se démarquer auprès d’un public professionnel exigeant, notamment grâce à son offre Office 365 qui mets en musique toutes les plateformes, y compris les plateformes concurrentes (Mac, iOS, Android).

On va encore bien s’amuser en 2016 !

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