Retour vers le futur… du web

Un petit rafraîchissement de mémoire ne fait jamais de mal.

Dans cet article, nous allons suivre toute l’évolution de l’hébergement. L’idée est de comprendre ce qui a construit le web d’aujourd’hui et ce qui construira le web de demain.

Ce document reste une vulgarisation de l’histoire. Google vous aidera à trouver les éléments précis, mais l’idée est là.

En avant pour un fabuleux voyage dans le temps !

L’an zéro du net

Au début, il y avait juste des ordinateurs qui voulaient communiquer à longue distance. Avant même d’avoir défini un protocole.

1969 : ARPANET

Avant internet et le web, il y avait déjà un premier réseau inter-connecté. L’idée était de connecter des machines entre elles en envoyant des paquets de données. Le 20 septembre 1969, ce réseau fut enfin fonctionnel. Le projet était alors porté par les militaires et les universitaires.

En 1974, le protocole TCP/IP (Transmission Control Protocol / Internet Protocol) est développé afin de standardiser les communications. Il sera adopté en 1983 par ARPANET.

Il n’y avait que 23 noeuds de communication en 1971. En 1984, il y en avait déjà plus de 4 millions !

1973 : Internet est né

Même si le terme Internet est déjà utilisé en 1972, il est officialisé à partir de 1973.

Il regroupe ARPANET ainsi que différents autres réseaux.

A l’origine, Internet permettait d’échanger des messages et des fichiers. Mais ça, c’était avant l’arrivée du web

1990 : émergence du Web

Au début des années 90 est arrivé le format HTML, permettant de rédiger du contenu interactif : un lien permet d’aller d’un document à un autre. Le World Wide Web (www) est né.

Et, pour faire communiquer ces pages entre elles, un protocole spécifique est également né : le HTTP (HyperText Transfer Protocol).

Sans le savoir, le premier service web est né : la consultation de pages web.

Le web de la génération 1.0

Dans les années 90, le web est donc rudimentaire. L’hébergement qui va avec l’est également.

Service minimal

À cette époque, les ordinateurs n’étaient pas performants. Les connexions internet étaient encore assez lentes. Les pré-requis étaient donc à hauteur du besoin.

Hébergement minimal

L’hébergement était très simple à l’époque. Un serveur physique (un ordinateur) fournissait des fichiers HTML, des images et même parfois du son.

En général, on envoyait le tout au travers du protocole FTP (File Transfer Protocol).

Un contenu souvent statique

Les technologies permettant de générer du contenu dynamiquement émergeaient à peine. Généralement, un site était juste un ensemble de page web entreposées et liées entre elles.

GNU/Linux et la scène underground

À cette époque, Microsoft et Apple se partageaient le monde. UNIX était présent, mais à un prix prohibitif. Le projet GNU visant à concevoir un système UNIX libre peinait à émerger.

Cependant, en 1991, le jeune Linus Torvald avait créé un noyau (lien entre le logiciel et le matériel) permettant d’améliorer un système d’exploitation de l’époque, Minix, reposant sur UNIX.

Comme son noyau n’est pas adopté par Minix, il décide de le distribuer sur le réseau Usenet, qui est l’un des moyens de communication web de l’époque. Son noyau – Linux – est alors adopté et amélioré par la communauté. Puis il est greffé au projet GNU, qui a tout sauf le noyau. GNU/Linux est né.

En 1993 naquit le projet Debian, qui a permis l’émergence de GNU/Linux en qualité de serveur sur Internet.

La sécurité

En 1995 est arrivé le protocole SSH, permettant de chiffrer les communications. En parallèle, le protocole SFTP est né en apportant la sécurité au protocole FTP de l’époque.

Egalement, étant donné que plusieurs utilisateurs pouvaient se partager un serveur, il fallait éviter que l’un puisse aller voir ce qui se passait chez l’autre. Pour cela, on utilisait « chroot » qui permettait de limiter la visibilité d’un utilisateur.

1995 : l’arrivée du web dynamique

À partir de 1995, la révolution du web est entrée dans nos foyers et nos entreprises.

Nous sommes devenus des consommateurs de contenu. Et c’est à cette époque qu’émergea le web dynamique.

Que l’on soit plutôt CGI, plutôt Python, Perl, PHP, ASP, Java ou bien Ruby, un seul mot d’ordre : les scripts devaient générer à la volée du HTML.

En d’autres termes, on ne faisait plus appel à des pages HTML qui affichaient du contenu HTML : on faisait appel à des scripts qui affichaient du contenu HTML.

2000-2005 : l’émergence du web dynamique

Malgré la fameuse bulle de l’Internet à la fin des années 90, le web a continué sa fulgurante croissance au début des années 2000.

2002 : Xen révolutionne la virtualisation

A cette époque, la virtualisation se résumait à simuler un environnement matériel dans un système d’exploitation. En clair, s’était lent et lourd à gérer.

C’est alors qu’est apparu le projet Xen : un système pouvait être virtualisé en utilisant directement les ressources du noyau. C’est là que tout a changé : en utilisant directement les ressources matérielles, un ordinateur pouvait faire fonctionner en parallèle 3 systèmes d’exploitation sans subir de contraintes énormes en termes de performances.

Et tout à changer en matière d’hébergement. Un ordinateur pouvait héberger 3 serveurs, un serveur pouvait migrer en temps réel d’un ordinateur à l’autre sans être arrêté.

La paravirtualisation est née. Et elle a depuis fait beaucoup de chemin.

2004 : les réseaux sociaux

L’interaction entre les personnes au travers d’Internet existait déjà depuis un certain temps.

La simplicité nécessaire est alors née de l’idée de passer par le web pour communiquer. Les réseaux sociaux sont nés, notamment Facebook dont la première version est sortie en 2004.

Et ils connaîtront un essor énorme, révolutionnant le web.

2005 : le web 2.0 et les services web

Petit à petit, les performances des navigateurs web se sont améliorées. Et notamment le fameux langage Javascript qui est passé progressivement de très lent à correct pour faire partie aujourd’hui des plus rapides.

Le web 2.0

Derrière ce terme marketing se trouve une révolution des usages du web : les utilisateurs interagissent sur le contenu. Dorénavant, une page web peut en générer une autre (principe du blog), on peut gérer une boutique en ligne, on peut partager des photos.

Le tout à partir d’une simple page web, contenant du HTML, du Javascript et du CSS pour la mise en forme.

Les services web

Le web 2.0 a apporté de nouveaux usages. Le contenu dynamique nécessite de nouvelles technologies.

C’est l’émergence du format XML, qui permet de représenter des données dans un format balisé. Son successeur sera par la suite JSON, plus performant en matière de compression, de compréhension et d’analyse.

Les services web SOAP et REST sont apparus, permettant de tout connecter au web et ouvrant cette interactivité à de nouveaux horizons.

2006 : le cloud

C’est Amazon qui fut l’un des pionniers du marché, avec ses fameux Amazon Web Services (AWS).

L’idée est simple : vous ouvrez un compte AWS et vous utilisez des services à disposition. Tout est virtualisé, vous ne payez que ce que vous consommez.

Les machines virtuelles proposées sont extensibles, sauvegardables, transférables.

Les données sont stockées sans limite.

C’est une véritable révolution dans le monde de l’informatique. Tout devient possible.

2007 : le web sort de l’ordinateur

Avec la démocratisation des smartphones (Nokia puis Apple, suivis par Google et Microsoft), le web n’est plus rattaché au navigateur de l’ordinateur.

Les applications mobiles sont interconnectées avec des services web. On peut prendre une photo depuis une application pour qu’elle s’affiche sur un site web. Et le tout est hébergé chez Amazon. C’est l’histoire d’Instagram.

Les réseaux sociaux sont connectés. Tout émerge.

2010-2015 : l’émergence de nouveaux besoins

Fin 2008, le monde a connu une crise sans pareil.

Le web s’est développé au travers des smartphones. Les réseaux sociaux sont devenus de plus en plus présents.

Des services professionnels se sont développés. Le web est devenu une source d’opportunité de développement pour de nombreuses structures.

Le cloud est rentré dans les moeurs et s’est banalisé.

Les objets connectés ont fait leur apparition.

IaaS, PaaS, Saas

Grâce au cloud, de nouveaux services sont apparus.

Les IaaS (Infrastructure as a Service) permettent de disposer d’un serveur virtualisé instantanément. Et ces serveurs peuvent être démarrés à la demande, pour gérer par exemple une affluence exceptionnelle ponctuelle sans avoir à débourser une fortune en amont.

Les PaaS (Platform as a Service) permettent d’aller encore plus loin. Les serveurs virtualisés sont prêts à l’emploi : sécurisés, optimisés. Il n’y a plus qu’à envoyer le contenu l’application web dessus, généralement au travers d’un dépôt de code source type Git. A chaque mise à jour du code (pouvant être automatiquement validée), l’application web est déployée sur tous les serveurs disponibles. Et, bien entendu, en un clic on peut revenir à la version précédente.

Les SaaS (Software as a Service) sont les logiciels connectés que nous utilisons tous aujourd’hui : Google Apps, Office Online, et autres. Le logiciel évolue en permanence et est 100% hébergé. Généralement facturé mensuellement, il permet une souplesse de gestion.

Le web de 2016

Plusieurs révolutions pourraient bien intervenir dans les prochains mois.

Docker et Kubernetes : la révolution des conteneurs

Jusqu’à aujourd’hui, la meilleure solution pour déployer une application web était la machine virtuelle, avec les avantages qu’on lui connait.

Docker et son partenaire Kubernetes proposent un fonctionnement complémentaire : à l’instar de « chroot », mais de manière plus poussée, il est possible de déployer une application dans un conteneur isolé. Quelle que soit la plateforme d’accueil.

Ce procédé est plus léger qu’une machine virtuelle et répond à un réel besoin pour le déploiement rapide d’applications web.

C’est également un excellent outil DevOps dans le sens où on peut parfaitement développer et tester une application dans un environnement exactement identique à l’environnement de production.

Docker permet de concevoir ces conteneurs et Kubernetes permet de les gérer.

Les objets connectés

Plus ou moins limités en ressources, avec des usages et des profils différents, les objets connectés sont une véritable révolution.

Cette révolution va, une nouvelle fois, nous forcer à inventer de nouvelles technologies et de nouveaux usages.

La 3D et la réalité virtuelle

Avec l’émergence de la 3D dans le navigateur web grâce au WebGL, de nouveaux usages sont à imaginer.

D’autant que la réalité virtuelle va très certainement prendre une dimension sociale et sociétable dans les années à venir.

2020 : apogée du Web 3.0 ?

Ces nouveaux usages qui se présentent à nous sont les indicateurs d’une nouvelle révolution du numérique.

Ces usages sont encore timides, jusqu’à ce qu’ils deviennent standards. Dès lors, nous pourront parler du Web 3.0.

A nous de le construire !

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